VGK_Stephenson

Le chandail arrivait aux genoux de Chandler Stephenson. Ses coéquipiers étaient plus vieux, la plupart étant de jeunes filles âgées de sept à neuf ans, et la rondelle était un anneau. Mais Stephenson était intrépide. Tous ses rêves devenaient réalité.

Le petit garçon de 4 ans, qui faisait du patin à roues alignées depuis plus d'un an déjà, ne voulait rien d'autre que de faire partie d'une équipe de hockey, rien d'autre que patiner et marquer des buts.
Malheureusement pour lui, l'âge minimum pour jouer au hockey au Canada était 5 ans.
« À 4 ans, il était déterminé à jouer au hockey », a raconté son père, Curt Stephenson.
Ils devaient trouver une solution.
L'ami de Curt, Ken Cenaiko, était membre du conseil d'administration de l'Association de ringuette de Saskatoon et il a proposé ce sport, qui ressemble au hockey, mais avec un bâton différent et un anneau au lieu d'une rondelle.
L'idée était que ça ressemblerait suffisamment au hockey pour plaire à Chandler.
« J'aurais souhaité qu'on ait la séquence sur vidéo lorsqu'il a marqué son premier but, car c'était hilarant, a dit Curt. Il patinait partout sur la glace et les gens disaient : "Chandler, nous devons nous positionner, Chandler, viens par ici, nous devons nous replacer". C'était chaotique, nous avons bien ri.
« À 4 ans, tu ne sais pas vraiment ce que les autres pensent, a noté Curt Stephenson. Mais voilà ce qu'il faisait à la maison. C'était incroyable. »
Stephenson fait la même chose encore aujourd'hui, mais devant un peu plus de gens.
Tout n'a cependant pas été aussi simple pour lui. Après avoir été repêché par les Capitals de Washington en troisième ronde (77e) en 2012, il a passé deux saisons avec Regina dans la Ligue de hockey de l'Ouest et trois avec Hershey dans la Ligue américaine de hockey avant d'obtenir une vraie chance avec les Capitals en 2017-18.
Cette saison-là, Stephenson a inscrit 18 points (six buts, 12 passes) en 67 matchs de saison régulière et sept points (deux buts, cinq aides) en 24 rencontres des séries éliminatoires, aidant Washington à remporter la Coupe Stanley pour la première fois de son histoire. En 2018-19, il a amassé 11 points (cinq buts, six passes) en 64 matchs en jouant en moyenne 12:07 par partie dans un rôle au sein du quatrième trio.
« Quand il est arrivé, je pense qu'il n'y avait pas assez de place pour qu'il devienne ce genre de joueur, a estimé l'attaquant des Capitals T.J. Oshie. Pour une organisation, c'est un beau problème quand tu as trop de bons joueurs.
« Je ne suis pas du tout surpris par [les succès qu'il connaît]. C'est un joueur de hockey très, très intelligent, un gars sensationnel qui joue avec la tête haute. Un joueur qui patine aussi bien que lui et qui joue avec la tête haute va trouver des moyens de créer des choses s'il obtient suffisamment de temps de glace. »
Ce qui a fini par arriver pour Stephenson après qu'il eut été échangé aux Golden Knights de Vegas en retour d'un choix de cinquième ronde le 3 décembre 2019.
Il s'est senti libre et il a adopté une attitude je-m'en-foutiste, comme il le dit. Il devait montrer ce dont il était capable. Il devait ne pas avoir peur des conséquences.
« Tu fais ce que tu as fait toute ta vie et les choses ne fonctionnent pas, alors tu te demandes ce qui se passe, a mentionné Stephenson. Mais dès que je suis arrivé ici, ils m'ont donné la chance de jouer avec [Max Pacioretty] et [Mark Stone]. Rendu là, je n'avais plus vraiment besoin de réfléchir. On me donnait carte blanche. »
C'est sur ce trio que Stephenson a déniché l'opportunité qu'il recherchait. Son éclosion s'est lentement faite avec 22 points (huit buts, 14 passes) en 41 matchs cette saison-là à Vegas. Puis, il a récolté 35 points (14 buts, 21 passes) en 51 parties en 2020-21, et 64 points (21 buts, 43 aides) en 79 rencontres la saison dernière.
« Le plus important était de jouer et de retrouver la confiance, de sentir que je redevenais moi-même, a poursuivi Stephenson. Ce que chaque joueur veut est de se sentir comme il s'est toujours senti depuis son jeune âge. »
Évoluant sur le premier trio avec Stone et Jack Eichel, Stephenson prend le deuxième rang à égalité chez les Golden Knights cette saison avec 21 points (six buts, 15 passes) en 27 matchs.

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      VGK@BUF: Stephenson marque son 6e de la saison en 1re

      « On pouvait voir que 'Stevie' avait toujours du bon hockey en lui, a dit l'attaquant des Capitals Lars Eller. Il avait plusieurs habiletés qui, pour une raison ou une autre, n'ont jamais été mises en valeur à Washington. »
      C'est loin d'être le cas à Vegas.
      « Que ce soit au centre ou à l'aile, sa vitesse fait jouer les défenseurs sur les talons », a dit Stone, qui a affronté Stephenson même lorsque les deux évoluaient dans les rangs juniors. « Quand tu regardes la feuille de match avant un affrontement, je pense que tu encercles son numéro parmi ceux qui sont à surveiller en raison de leur vitesse. »
      C'est cette vitesse, en plus de son talent et sa hargne, qui lui a permis de devenir un joueur dangereux.
      « Il y a plusieurs joueurs qui ont un très bon coup de patin. Mais peu d'entre eux peuvent avoir cette vitesse avec la rondelle, a noté Stone. Il patine avec la rondelle au centre aussi bien que n'importe quel joueur avec qui j'ai joué. C'est probablement la même chose pour Jack [Eichel]. Les deux sont capables de transporter la rondelle avec énormément de vitesse.
      « Il n'y a pas beaucoup de gars dans la Ligue qui peuvent patiner comme ça et contrôler la rondelle en même temps. [L'attaquant des Oilers d'Edmonton Connor] McDavid est évidemment le maître dans cette facette. »
      Stephenson ne sait pas exactement comment il a développé cette vitesse, mais une chose est sûre, il a une bague de la Coupe Stanley et il est un rouage important au sein d'une des meilleures équipes de la LNH.
      « C'est irréel, a dit son père. Il a rêvé de ça, comme le font tous les jeunes garçons. Mais d'avoir réussi à ce que ça se produise? »
      Avec la collaboration du correspondant indépendant de NHL.com Kevin Woodley