DUBOIS BADGE DUCHARME

Après un passage raté avec les Kings de Los Angeles, Pierre-Luc Dubois devait retrouver sa confiance avec les Capitals de Washington cette saison. Une conversation avec l’entraîneur-chef Spencer Carbery est venue tout changer pour l’attaquant québécois.

« La première conversation avec l’entraîneur a été excellente », a expliqué Dubois lors de son passage au balado La tasse de café de LNH.com. « On a parlé pendant 10 minutes de ma vie, de comment je vivais ce changement, et on a parlé de hockey pendant seulement deux minutes. Mais j’ai senti beaucoup de positif dans ces deux minutes.

« Plus tard dans l’été, on s’est reparlé un peu, et il m’a dit ses attentes envers moi cette saison, ce qui avait mal été à Los Angeles selon lui et ce qui pouvait fonctionner à Washington. C’est à ce moment que je me suis dit que ça pouvait être un bon ‘fit’. »

À LIRE AUSSI : La fin approche pour Marc-André Fleury | Capitals: Prolongation de contrat de huit ans pour Chychrun

Le ‘fit’ n’a pas seulement été bon. Il a été spectaculaire. Dubois vit une saison de rêve autant sur le plan individuel que collectif. Avec 61 points (18 buts, 43 passes) en 70 matchs, il est en voie de battre son record personnel de 63 points établi avec les Jets de Winnipeg en 2022-23. Les Capitals (47-15-8) occupent le premier rang du classement général de la LNH.

Il s’agit d’un virage à 180 degrés pour Dubois, qui n’a jamais joué à la hauteur de ses attentes en Californie, après avoir signé un contrat de huit ans d’une valeur annuelle moyenne de 8,5 millions $ avec les Kings immédiatement après avoir été acquis des Jets le 27 juin 2023.

Pris derrière Anze Kopitar et Phillip Danault au poste de centre, Dubois a été limité à 40 points (16 buts, 24 passes) en 82 rencontres avec Los Angeles. Insatisfaits, les Kings l’ont échangé aux Capitals en retour du gardien Darcy Kuemper le 19 juin dernier, moins d’un an après avoir obtenu ses services.

« J’avais connu une bonne saison l’année avant (d’arriver à Los Angeles), a souligné Dubois. Cette année, j’ai une quarantaine de passes, alors que l’an dernier, j’en avais 25 (24, NDLR). Logiquement, c’était impossible. Pourquoi serais-je devenu un mauvais passeur? Cette année, les circonstances et les opportunités sont différentes, donc je devais simplement redevenir le joueur que j’ai été toute ma carrière. »

À Washington, Dubois s’est retrouvé jumelé à Connor McMichael ainsi qu’à Tom Wilson ou à Aliaksei Protas, et la chimie a rapidement opéré, puisque ces trois joueurs connaissent eux aussi leur meilleure saison en carrière offensivement. Mais en plus, ils ont la tâche d’affronter les meilleurs trios adverses chaque soir. C’est la mission que lui avait donnée Carbery lorsqu’il a discuté avec Dubois l’été dernier.

Video Player is loading.
Current Time 0:00
Duration 0:00
Loaded: 0%
Stream Type LIVE
Remaining Time 0:00
 
1x
    • Chapters
    • descriptions off, selected
    • subtitles off, selected

      WSH@NYR: Dubois ouvre la marque tôt en 1re période

      « Mon père (Éric) est entraîneur avec le Moose du Manitoba de la LAH et il a toujours essayé de m’apprendre à jouer de la bonne façon », a raconté Dubois avant d’enchainer sur ce qui a fait le succès de son trio cette saison.

      « Je pense qu’on est tous sur la même page. C’est une mission qui est très le ‘fun’ pour nous. C'est difficile, mais à la fin du match, même si on n’a aucun point, mais que l'équipe a gagné, tu sens que tu as vraiment aidé l'équipe. C'est vraiment ça le plus important. »

      Vous comprendrez que le sourire est difficile à décrocher du visage de l’attaquant de 26 ans en ce moment, puisque tout semble cliquer à Washington. Les Capitals trônent au sommet du classement général, une saison après avoir été la dernière équipe à se qualifier pour les séries éliminatoires dans l’Association de l’Est.

      Durant la saison morte, l’état-major des Capitals a fait l’acquisition de plusieurs éléments qui avaient déçu lors de la saison précédente, dont le défenseur Jakob Chychrun, ou encore de joueurs qui avaient été ennuyés par des blessures, comme le gardien Logan Thompson. Les deux ont rapidement rebondi dans la capitale américaine.

      « Au début de la saison, personne ne nous voyait ici, personne ne nous voyait dans le haut du classement, et il y avait même des personnes qui croyaient que nous n’allions pas faire les séries, a souligné Dubois. La réalité, c’est que nous, dans le vestiaire, on a toujours cru qu’on avait un groupe spécial, un groupe de très bons joueurs. […] L’équipe a fait les séries l’an passé et elle avait vraiment vécu de l’adversité. Avec les nouveaux joueurs qui sont arrivés, on s’est dit qu’on avait quelque chose de spécial. »

      La folie Ovechkin

      La transaction qui l’a envoyé à Washington aura non seulement permis à Dubois de rebondir, mais aussi de se retrouver au beau milieu de la frénésie de la chasse au record de buts de la LNH d’Alex Ovechkin.

      Le capitaine des Capitals n’est qu’à six filets de battre la marque de 894 établie par Wayne Gretzky. Même dans les arénas adverses, les partisans se lèvent pour applaudir « Ovi » lorsqu’il fait scintiller la lumière rouge. Est-ce qu’il y a une pression supplémentaire pour les joueurs de refiler la rondelle à Ovechkin au bon endroit afin de lui permettre de s’approcher du record le plus rapidement possible?

      « Peut-être qu’il y a un peu de pression, mais c’est tellement un marqueur naturel que tu n’as qu’à lui donner la rondelle dans un espace où il peut prendre un tir, et ça va rentrer, a noté Dubois. C’est tellement naturel pour lui que ça nous enlève de la pression. Tout le monde veut le voir battre le record.

      « C’est spécial de pouvoir jouer avec une légende comme Ovechkin, mais aussi de pouvoir vivre une saison aussi spéciale avec la course au record. C’est quelqu’un qui est très souriant, toujours de bonne humeur, et dès qu’il arrive dans une salle, tout le monde le sait qu’il est là. »

      Dubois s’est fait complice de trois des 36 buts d’Ovechkin cette saison. Les deux évoluent ensemble sur la première vague du jeu de puissance, et si le hasard fait bien les choses, Dubois pourrait être celui qui remet le disque au capitaine dans son bureau, le cercle gauche, pour inscrire son 895e but.

      Et ce filet historique, est-ce qu’il sera marqué cette saison?

      « Avec Ovi, tu ne sais jamais, mais je pense que oui, a affirmé Dubois. Il a une moyenne de 45 buts sur 20 saisons. C’est assez incroyable. C’est vraiment le ‘fun’ à voir.

      « Quand je vais prendre ma retraite, je vais regarder en arrière et je vais pouvoir me dire que c’était vraiment ‘cool’ d’avoir fait partie de cette saison. »