Alexis Lafrenière n'est pas Sidney Crosby - pas encore du moins - mais il a fallu du temps à Jimmy Huntington et à Olivier Garneau pour s'ajuster au style de jeu de celui que plusieurs considèrent comme l'éventuel premier choix de l'encan 2020 de la LNH.
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« Au début de l'année, Serge (Beausoleil) nous a réunis et ça ne fonctionnait pas du tout, a lancé Huntington, un vétéran de 20 ans. J'ai passé quelques semaines sur un autre trio, mais je jouais quand même avec Alexis sur l'avantage numérique.
« À la mi-octobre, Serge a retenté le coup juste pour voir et c'est parti en fou. Ça n'arrêtait plus. »
Depuis ce moment, les trois compagnons forment l'un des trios les plus redoutables de la LHJMQ. Lafrenière (87 points) et Huntington (73 points) connaissent la saison la plus productive de leur carrière tandis que Garneau (49 points) est à un petit point de surpasser son sommet personnel.
Et même si tout ne se résume pas qu'aux points, force est d'admettre que cette unité est la locomotive offensive de l'Océanic. À eux trois, ils ont inscrit 43 pour cent des buts de l'équipe cette saison - un chiffre qui grimpe à 50 pour cent au cours de sa séquence active de 11.
« L'élément déclencheur, c'est qu'on a appris comment jouer avec le 11, a dit Huntington en parlant de Lafrenière. On a compris son style de jeu. Si tu te démarques, il va te la donner. Tu vas l'avoir sur le « tape », c'est impossible que tu ne l'aies pas.
« C'est un joueur qui aime avoir la rondelle. Quand nous avons la possession, tout le monde essaie de le chercher sur la patinoire, mais il faut trouver un certain équilibre. Quand tu vois qu'il se fait oublier, tu lui donnes la rondelle et ''bang'', ça part. Il va te sortir n'importe quoi! »
Le plus curieux dans tout ça, c'est que la chimie entre les trois s'est bâtie à partir de zéro. Huntington s'est amené de Victoriaville tandis que Garneau a été acquis de Québec au cours de la saison morte.
Les trois ne se connaissaient pas, mais ils ont réussi à créer quelque chose de spécial qui sert de mieux en mieux l'Océanic à l'approche des séries éliminatoires.
« À Victoriaville, j'ai vu Maxime Comtois et Vitaly Abramov jouer sur le premier trio, a rappelé Huntington. J'ai vu ce que ça donnait quand la chimie opère. J'espérais être capable de reproduire ça cette année et je pense que c'est ce que nous avons fait. »
« On est souvent ensemble en dehors de la glace, on a du fun et on s'entend bien, a ajouté Lafrenière. Quand on arrive sur la patinoire, on essaie de s'ajuster ensemble, de se trouver le plus possible et de garder les choses simples. On sait que nous avons de la vitesse et ça va super bien quand on l'utilise. »
Le bon moment
Pour Huntington, qui en est à sa dernière saison dans la LHJMQ, cette explosion offensive arrive à un très bon moment. Invité au camp des Jets de Winnipeg l'été dernier après une campagne de 58 points, le Montréalais de 6 pieds 1 pouce et 193 livres aimerait bien obtenir une autre occasion de décrocher un contrat professionnel.
« Je l'espère toujours, a-t-il commenté. C'est le rêve que tu as depuis que tu as quatre ans et tu veux y arriver. On verra bien rendu là. Je travaille fort et je jase avec mon agent de temps en temps pour voir ce qui en est. Sinon, il y a toujours la voie universitaire. »
Et même si certains observateurs attribuent ses succès au fait qu'il évolue avec Lafrenière, Huntington ne s'en fait pas plus qu'il faut.
« Pour être bien honnête, je ne m'attendais pas à avoir autant de points et autant de chances de marquer, a-t-il lancé. Jouer avec le 11, ça aide, on ne se le cachera pas.
« Mais quand Alexis est parti au Mondial junior, j'ai quand même bien fait (1 but, 6 aides en 6 matchs). Les gens peuvent bien penser ce qu'ils veulent. En même temps, nous sommes une équipe et nous gagnons en équipe. »